Quand ? Pourquoi ?
C'est Fabre d'Eglantine qui, le premier, a institué une fête du travail. C'était en octobre 1793 ... mais la date d'origine était le 1er pluviôse (janvier) !
Mais ce sont les évènements de Chicago en 1886, jour de manifestation des travailleurs réclamant la journée de 8 heures, qui ont permis
qu'à partir de 1889, le congrès adopte le 1er mai comme la journée de revendication des travailleurs, l'American federation of labor ayant déjà fixé ce jour.
En 1919, la loi rend la journée de 8 heures est enfin votée !
En 1941, le 1er mai est chômé sans perte de salaire mais 50% des salaires est versé au Secours National.
En 1949, le 1er mai est déclaré jour chômé et payé !
Ceci est un résumé qui ne tient bien évidemment pas compte des nombreuses luttes des travailleurs pour obtenir une amélioration des conditions de travail et de salaire.
Si je parle aujourd'hui du 1er mai, c'est avant tout, pour rendre hommage à nos aînés qui se sont battus pour ce dont nous profitons aujourd'hui ! La sécurité sociale, les allocations familiales,
les congés payés, l'assurance chômage ! Mais aussi pour rendre hommage à mes parents, qui ont élevé 4 filles, et qui ont sué sang et eau, pour faire de nous, ce que nous sommes !
Mon père a travaillé dur, avec un CAP de dessinateur en poche, il a commencé à travailler en usine ; afin de pouvoir nous apporter de quoi manger, un toit, une éducation, il a eu pendant un
long moment deux boulots, il travaillait jour et nuit et ce, sans compter les travaux qu'il a du faire dans la maison qu'il avait réussi à acheter en 1964. Après des années de travail
acharné, de remise en question, de formation, il a terminé sa carrière professionnelle comme cadre dans une très grosse entreprise dont je tairai le nom. Papa a toujours bricolé et encore
aujourd'hui à 76 ans ! Il a démoli reconstruit, plâtré, peint, fait le jardin, c'est un touche à tout. Il nous a aidé, nous, ses filles, à nous installer chez nous. Il a été là et est toujours là
lorsque nous sommes en galère. Il a eu la chance de pouvoir prendre sa retraite à 55 ans.
Ma mère, outre le fait qu'elle nous a élevé (et 4 filles qui ont 7 ans d'écart entre le 1ère et la dernière, ce n'était pas une sinécure), a aussi commencé à travailler en usine dans un
atelier de décor sur verre. Parallèlement, elle était une merveilleuse couturière, elle a fait de nombreuses robes de mariée mais aussi toute sorte de vêtements qu'elle créait du dessin à
la moindre finition comme la broderie. Lorsque mon père fut muté en Gironde, en 1969, elle a du passer son permis, s'adapter à une nouvelle vie, passer d'une maison immense à un petit
appartement, préparer encore un déménagement, organiser nos vies. Puis elle a travaillé dans un magasin de vêtements de luxe tout en continuant à faire des beaux vêtements pour d'autres, pour
nous, ses filles, pour elle ! Maman avait des doigts d'or ... couture, tricot, poterie, vannerie, émaux, ikébana ... cuisine, elle a touché à tout ! Imaginez ce qu'elle peut ressentir
aujourd'hui à 80 ans de ne plus pouvoir rien faire !
Quand je reviens en arrière, je constate tout le travail abattu par mes parents pour que nous, leurs filles, leurs petits enfants, leurs arrières petits enfants, ayons une belle vie. C'est
à eux, que cette année, je rendrai hommage ! Parce qu'ils ont fait de moi ce que je suis, parce qu'ils ont travaillé dur, parce qu'ils nous ont aimé et nous aiment toujours, parce
que, Dieu merci, ils sont toujours parmi nous.
La France ne va pas bien, certes ! Mais j'aimerai que tout ceux qui dénigrent notre système se rappelle que leurs aînés se sont battus pour faire de notre pays ce qu'il est aujourd'hui !
Aujourd'hui, on veut tout, tout de suite ! Tout est affaire de statut social et pour le montrer, on doit avoir la dernière voiture, le dernier Iphone, les fringues à la mode mais j'aimerai qu'on
se rappelle que nos parents, eux, voulaient avant tout, une bonne éducation pour leurs enfants, de quoi les nourrir, les vêtir, un toit pour les abriter et la paix, enfin !!!
Mon métier m'a amené à constater que parfois les français oublient ce dont ils bénéficient aujourd'hui, qu'ils en veulent toujours plus ... sans donner ! Attention, je ne fais pas une
généralité, ni même de politique, j'entends, je vois et certains propos m'exaspèrent. J'essaie dans la mesure du possible de ne jamais oublier d'où je viens, qui je suis et comment
j'en suis arrivée là, j'ai vécu des galères, comme tout un chacun et nul doute que j'en vivrai d'autres. Mais, bon sang, je suis, malgré tout, malgré cette foutue crise, malgré le malheur
qui frappe certains d'entre nous, heureuse de vivre en France !
Alors, le 1er mai, ce sera la fête de mes parents et de tout ceux qui les ont précédés, qui ont combattu pour moi, pour nous, et qui font que je suis une femme de mon temps ... libre !
Et toi, te souviens-tu d'où tu viens ?